En effet, masques, distanciation, menus sur des ardoises ou des écrans (et non entre les mains des clients), service offert au buffet et désinfection entre chaque tablée, entre autres, seront désormais la norme. Consultez le guide de la restauration pour en savoir plus.

Les gens du milieu réagissent de différentes manières :
 
Les mécontents, ils sont plusieurs… pour ceux-ci, le 2 mètres est exagéré, un seul suffirait comme c’est le cas en France, par exemple. Et il n’est pas question de demander le nom de familles à chaque membre des groupes qui se présentent au restaurant, c’est vraiment ne pas comprendre le secteur de la restauration que de penser ainsi selon Samuel Grenier, propriétaire du Restaurant Aqua ayant pignon sur la rue des Forges à Trois-Rivières. Sortir au restaurant est associé au plaisir et non se faire interroger comme dans un tribunal. 
 
Les silencieux, c’est la majorité comme souvent. Ils feront de leur mieux avec les règles et contraintes, sans trop broncher. 
 
Les actifs ont changé leur menu du début à la fin (Jérôme Ferrer, Europea, Épicure Land), construisent des terrasses pour recevoir plus d’invités (Luc Laplante, restaurant L’Ardoise), commencent déjà à prendre des réservations (Marc-André Royal, Le St-Urbain). Plusieurs ont maintenu ouvert leur resto avec des plats sous vide dès le début de la pandémie (Martin Juneau, Pastaga, Helena Loureiro, Portus 360 et Helena).
 
La grande majorité des restaurateurs croit cependant qu’il sera difficile d’être rentable en ouvrant à 50 % si les règles de distanciation ne changent pas. Pour plusieurs, c’est presque comme un départ à zéro. Dans une entrevue accordée à Gérald Fillion, Jérôme Ferrer expliquait qu’il allait passer de 110 à moins de 20 employés. « Nous sommes en mode résilience, en mode survie… »1
 
Dans le secteur de l’hôtellerie, la situation n’est pas plus gaie, relate Christiane Germain. « Les prévisions doivent être conservatrices mais on doit (un peu) voir l’avenir avec des lunettes roses car à force de propos négatifs, on n’avance pas, si on pense que c’est la fin de l’humanité, on n’y arrivera pas… »
 
Le pire scénario serait d’ouvrir maintenant et de refermer en septembre à cause d’une recrudescence des cas. De ce fait, plusieurs restaurateurs préfèrent attendre le retour des choses à la normale avant de recommencer à servir aux tables. Ils misent sur le prêt à emporter. Gaëlle Cerf, du Grumman ’78, n’a pas l’intention d’ouvrir sa salle à manger pour 14 personnes à la fois ni de faire la police avec des clients qui n’observeront pas les normes sanitaires requises dans les restaurants.

Le dernier mot appartient à Marc-André Royal. « Penser petit, petites équipes, petites dépenses, petit horaire sans les repas du midi, c’est ainsi que l’on va pouvoir se rebâtir ». Puis, au fil des semaines, les restaurants vont remonter, peu à peu, la pente, en espérant que la situation se rétablisse le plus rapidement possible.
 
Carpe diem dirait avec le sourire mon amie chef Isabelle Sauriol, professeur de pâtisserie à l’École hôtelière de Laval
 
1 Pour écouter la balado du 21 mai 2020 de Gérald Fillion avec Jérôme Ferrer, Christiane Germain et Nicolas Duvernois, cliquer sur ce lien.
 
 

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